La piste F35
Les pistes F sont des pistes ouvertes de la fin du printemps ou plus tard, jusqu'à fin septembre. Elles ne sont autorisées qu'aux 4x4 en raison de différents facteurs qui les rendent difficilement praticables : ornières, nids de poules, gués à franchir, cailloux, boue, etc. Bref toutes sortes de déformations de la piste.
La 35 qui n'est plus classée F car ayant été améliorée, ne reste cependant autorisée qu'aux véhicules 4x4. Elle présente peu de difficultés importantes à part des ornières et des cailloux qui ralentissent considérablement l'allure et qu'il vaut mieux passer en enclenchant les quatre roues motrices. Elle traverse l'Islande du nord au sud, de Blonduos jusqu'à la magnifique chute d'eau de Gulfoss (cf. carte ci-dessous).
Notre trajet du jour, 23 juin nous emmène de Hvamstangi (prononcer Kamstangui) où nos avons logé pendant 2 jours dans une charmante maison (cf. article précédent) jusqu'à Fulvir au sud soit 320 km. En vert les tronçons de route, en bleu sombre la piste 35.
La piste est un long désert de 180 km où les cailloux et le bruit du vent règnent en maîtres, où l'on ne dépasse pas les 40km/h dans le meilleur des cas. Mais il y a de beaux sites. Environ 70 km après son début, on longe un grand lac (cerclé de jaune). A peu près à mi-parcours, en faisant 2 km de détour, on trouve un site géothermique (cerclé de jaune), Hveravellir (qui se prononce Keravelir), plein de solfatares et de fumerolles au milieu desquelles sinue un torrent chaud. Un "hot pot" en pierre, grande baignoire en pleine nature est alimenté par ce torrent et une source froide pour fournir une eau à 40°. Monique et moi avons pu nous baigner avant qu'il se mette à pleuvoir. Je me suis bien délassé car la conduite sur piste est fatigante. Tenir le volant fait ressentir les à-coups dans tout le corps.
Il n'y a heureusement pas de franchissements de gués qui sont parfois risqués. Il y a 5 ans j'ai eu l'occasion d'en faire l’expérience comme passager. C’était lors d'une expédition dans les hautes terres de l'est pour voir le volcan d'Askja, que Monique aurait dû faire avec moi si son accident n'avait pas nécessité un rapatriement sanitaire. Nous étions une trentaine de passagers dans un car 4x4 haut sur pattes et nous avons dû faire 3 franchissements dont 2 difficiles. Le courant était rapide et la profondeur de près d'un mètre par endroits. Ça ne s'improvise pas. J'ai pu admirer la maîtrise du chauffeur. D'abord entrer de travers à 45º vers l'aval puis remonter pareillement sans jamais être perpendiculaire à l'axe du courant. Il faut donc de l'expérience et un véhicule approprié.
Le plus beau passage est celui qui est matérialisé par le troisième cercle jaune. C'est un site glaciaire composé d'un grand glacier avec deux langues qui encadrent une petite éminence montagneuse au pied desquels est un lac qui se rétrécit vers le sud pour forme le torrent Hvita (Kita) que nous retrouverons à la magnifique chute d'eau de Gufoss à la fin de la piste. Le temps maussade, la pluie par intermittence gâchent un peu le paysage mais la sensation d'immensité et la beauté du site