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Stanislas Engrand
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La gorge des morts de Zakros à Kato Zakros
Cette gorge, l'une des plus belles de Crète si l'on excepte la spectaculaire gorge de Samaria au sud est de l'île, se situe au sud est à une heure de route de SItia. On compte en heures car c'est très montagneux et les kilomètres ne donnent pas d'indication de temps. Ici par exemple c'est une distance de 30 km en une heure. Nous l'avons parcourue de nombreuses fois mais aujourd'hui, pour la première fois nous l'avons prise à son début à Zakros grâce à notre ami Thierry qui nous a convaincu de prendre cette voie d'accès. D'abord un tronçon par la route puis le chemin en pente douce qui descend assez tranquillement vers le fond de la gorge. Les autres fois on la prenait plus loin mais on devait rejoindre le bas par un sentier très escarpé et mal balisé. On traverse une oliveraie puis un espace boisé et fleuri ou coule un petit torrent.
Le nom officiel de la gorge est simplement "Gorge de Zakros" mais son appellation courante provient de ce qu'au néolithique si ce n'est avant, les nombreuses grottes de la gorge servaient de sépulture aux morts. Évidemment on se demande comment des sarcophages pouvaient être transportés dans des cavités parfois situées très en hauteur.
On y croise des chèvres et des moutons et évidemment des touristes puisque le lieu est réputé et que la marche ne comporte pas de difficulté particulière. En bas la gorge débouche sur la baie de Kato Zakros (Kato veut dire en bas). Un très joli endroit bordé de hautes falaises, où se baigner est un bonheur après la marche ; où manger ensuite dans une des nombreuses tavernes est un deuxième bonheur.
Petit coin de paradis qui donne l'impression d'être au bout du monde.
Sitia mai 2026
Partis de Mandelieu le jeudi 30 avril, nous avons pris l'avion à Nice pour Athènes. De là métro vers Le Pirée pour prendre le ferry de 21h pour Heraklion. L'avion avait 40' de retard et nous nous étions résignés à probablement perdre notre réservation de bateau. Miracle, l'heure tardive de début de soirée rendait le trafic assez peu dense et donc la durée d'arrêt aux stations assez courte et nous eûmes de justesse le ferry. L'apéro fut délicieux. Le repas assez bon ce qui est rare dans les restos de ferries. Notre petite cabine se transforma en palais jusqu'à l'arrivée à Héraklion à 7h. De là, un peu de marche à pied jusqu'à la gare routière pour prendre le car de 7h30 qui mène à Sitia en 3 heures et demi car il s'arrête presque partout. Et encore c'était un direct mais on est en Crète et il y a toujours des péripéties qui ralentissent le voyage (cette fois, un feuilleton avec des touristes qui n'avaient pas de monnaie pour payer. Ca a pris un quart d'heure pour trouver une solution par des échanges de palabre et de monnaie avec d'autres voyageurs. Notre amie Anne avait eu la gentillesse de venir nous chercher à la gare routière pour nous emmener à l'appartement. Même si ce n''est pas loin, ça monte fort et à pied avec la fatigue et nos valises à trainer, nous avons béni la gentillesse d'Anne.
C'est ainsi que nous sommes arrivés le vendredi 1er mai. Il pleuvait et faisait froid, tout était fermé, fête du travail oblige. Je me suis rappelé que la fête du travail était internationale et pour me rafraichir la mémoire, j'aai consulté un article de Wikipédia sur le sujet. J'en cite un extrait : Dans certains pays, comme la journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs ».
Le soir évidemment taverne, mezze et bon vin en compagnie de nos amis navigateurs, Anne et Jacques qui n'avaient pas encore récupéré leur bateau en hivernage à Rhodes.
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Cette année, il a beaucoup plu pendant l'hiver et le début du printemps. C'est très bon pour la nature, après une année 2025 sèche, notamment pour les oliviers qui sont partout présents (c'est quasiment une monoculture dans l'est crétois), actuellement en pleine floraison et qui semblent promettre une belle récolte d'olives.
S'il y a eu quelques beaux jours au début du printemps, la dominante tout l'hiver était au gris, à la pluie et au vent. Des amis nous avaient envoyé des photos de tempête très forte avec du vent du sud chargé de poussières et de sable d'Afrique. Le jour était totalement assombri comme on le voit sur cette photo prise par notre ami Martial :
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Pour en revenir à ce mois de mai, le soleil n'est vraiment revenu que mardi 5. Jusque là, à plusieurs reprises nous avons allumé la climatiseurs en mode chaleur. Ce n'est pas le meilleur des systèmes de chauffage mais appréciable en appoint.
Plusieurs petites randonnées en passant entre les gouttes nous ont fait du bien.
Depuis que le beau temps s'installe, il commence à faire chaud. Les soirées sur le port sont délicieuses (cf. photo de titre) jusqu'à ce que la fraicheur du soir s'installe, avec laquelle nous remontons vers notre appartement en haut de Sitia.
Aujourd’hui, samedi 9, nous allons tenter de nous baigner.
Quelques œuvres du peintre Tetsis
La photo de titre est celle d'un morceau d'une grande fresque qui s'appelle "marché". Elle est exposée en permanence dans le hall d'entrée de la pinakotiki ethniki (galerie nationale d'Athènes).
La série d'arbres ci-dessous a été peinte à Hydra [cf. https://stan-engrand.fr/post/show/319]
Toute une galerie de portraits
De nombreux tableaux sont consacrés aux marchés. On y reconnaît bien la pâte de Tetsis
Et toujours Hydra
Et un intéressant arc-en-ciel
Athènes 31 octobre 2025
Le 28, Monique a repris l'avion pour Nantes et je suis resté à Athènes jusqu'au 31 soir où je devais reprendre le ferry pour Héraklion.
Il est des lieux à Athènes que j'aime particulièrement et la colline des muses est de ceux-là. La vue sur le Parthénon est magnifique même quand le soleil n'y est pas. Au fond on aperçoit la colline du Lycabette d'où il est si agréable de regarder le Parthénon au coucher de soleil quand les derniers rayons le colorent de rose pendant quelques dizaines de secondes avant de disparaitre derrière les montagnes.
Parmi les monuments que j'aime particulièrement à Athènes, il y a l'Académie composée de trois monuments néo-classiques sur le modèle des temples antiques, un bâtiment central et deux ailes. De part et d'autres au premier plan, les statues de Platon est Socrate assis sur des fauteuils. Au deuxièmes plan, sur de hautes colonnes, les statues d'Athéna et Apollon.
La photo de titre est celle du fronton et du toit de l'aile droite quand on regarde la photo ci-dessus. On y voit derrière, qui dépasse en hauteur, de nouveau une statue d'Athéna sur une haute colonne. On voit que le fronton est coloré. On imagine assez mal les temples antiques peints, habitués que nous sommes à les voir blancs/crème, tout comme les statues qui étaient en fait peintes elles aussi. Quand on voit des essais de reconstitutions colorées, c'est pour le meilleur et souvent le pire. C'est généralement très décevant. Probablement parce que ça va à l’encontre de nos représentations où la blancheur des vestiges serait une garantie de pureté et d'authenticité.
Je me suis beaucoup promené dans divers quartiers que je connais moins bien et j'ai privilégié des lieux ou monuments auxquels je n'avais jamais prêté attention. La tour des vents ci-après est un élégant bâtiment octogonal construit à à la fin du 2°siècle avant JC. dans l'Agora romaine lors de la colonisation de la Grèce par les romains.
Il abritait une horloge hydraulique dont il reste peu de choses et l'extérieur est orné de hauts-reliefs portant des allégories ailées représentant les différents vents. Celle de gauche sur la photo représente le vent de nord-est appelé Kaikias et celle de droite, Borée, le vent du nord. La première représente un homme barbu qui récupère des grêlons dans un bouclier ; la deuxième un homme barbu encore, dont le robe flotte au vent et qui tient une conque.
Sur la place la plus connue d'Athènes, la place Syntagma (place de la constitution), je suis tombé sur cet émouvant hommage aux victimes de l'accident ferroviaire de 2023 qui avait fait 57 morts et de nombreux blessés. Un accident dû à plusieurs facteurs techniques dont un système obsolète d'aiguillage qui a permis qu'une erreur humaine fasse rouler deux trains en sens inverses sur une même voie. Les 57 noms sont écrits en rouge et des nounours sont exposés quand il s'agit d'enfants.
A force d'y venir, nous commençons à bien connaître Athènes mais on n'épuise pas une grande ville aussi facilement. Pour la découvrir en profondeur, nous utilisons généralement un site Vivre à Athènes, [https://vivreathenes.com/], qui regorge d'informations et de suggestions. C'est ainsi que nous avons découvert, Monique et moi, un restaurant particulièrement sympathique qui est aussi un magasin de charcuteries et de fromages d'Anatolie. Très bon accueil, serveurs et serveuses souriant(e)s et disponibles, service impeccable. Chose rare à Athènes, on vous sert un amuse-bouche (une petite portion de jambon sec en effilochée et fromage) et à la fin du repas, un léger dessert est offert. En l'occurence il s'agissait de yaourt avec une confiture orange dont je me suis fait expliquer la composition : dominante de carottes confites, un peu d'orange et du curcuma. J'aurais été incapable de deviner la présence de carotte. Pendant les 3 jours que j'ai passés seul à Athènes, j'y suis retourné une fois et j'ai repris exactement la même chose : une planche individuelle de charcuteries et de fromages.
La tradition d'offrir un dessert et un léger amuse-bouche ou parfois un petit mezzé, est encore pratiquée en Crète mais rarement en Grèce continentale.
Les belles découvertes se font aussi par hasard. Je suis ainsi tombé sur une église byzantine (il y en a de nombreuses à Athènes souvent petites) plus grande que celles que je connaissais et flanquée d'un clocher type campanile, ce que je n'avais jamais vu. Il s'agit de la Sainte Trinité nommée aussi Agia Sotira, Sainte Sotira (qui apporte le salut). Elle a été rachetée et totalement reconstruite au cours du XIX° par des orthodoxes russes, d'où l'une de ses dénominations actuelles d’église russe. A la base, c'est une église du XI°, construite sur d'anciens thermes romains, qu'on visite en descendant dans une crypte. On y voit les vestiges du système de circulation d'eau chaude souterraine qui chauffait les thermes par le dessous des planchers, lesquels thermes ont ensuite servi de catacombes (cimetière souterrain) à l'ère chrétienne. L'espace est assez restreint pour des raisons de sécurité mais assez spectaculaire malgré la brièveté de la visite d'une dizaine de minutes pour un prix démesuré de 8 € et une guide délivrant des informations basiques en Anglais avec un fort accent pas toujours compréhensible. Mais c'est toujours une agréable surprise de découvrir ce genre de curiosité même s'il n'y a in-fine pas grand chose à voir sinon une belle église richement ornée comme le sont toujours les églises orthodoxes.