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Stanislas Engrand

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09 Apr 2024

Anafi, la dernière ile au sud des Cyclades

Nous avons passé quatre jours à Anafi. Sur la photo de titre, on voit le village de Chora, le seul vrai village d'Anafi, disposé en amphithéâtre inversé enroulé autour de la colline.En dehors de ce village, on rencontre des maisons isolées ou de petits hameaux.

Sur la carte des Cyclades ci-contre, Anafi entourée de jaune à l'est de Santorin. Source : https://www.lefigaro.fr/voyages.

Ce séjour nous a permis de rentabiliser notre voyage à Santorin. Pour donner une idée de la différence de prix, nous avons payé un petit studio pour quatre nuits à Anafi quasiment le prix d'une nuit dans la maison de Santorin.

L'île est le terminus des lignes de ferries qui vont d'île en île. Ainsi Santorin est-elle le point de passage obligé pour se rendre à Anafi.

Anafi ne fait que douze kilomètres de long et six de large. Elle a un profil particulier que lui donne l’énorme rocher, situé à son Est, le plus gros de la méditerranée après Gibraltar, au sommet duquel à Kalamos il y a un monastère mais plus de moines. La partie principale de l'île est montagneuse et culmine vers 400 mètres puis descend fortement en sa partie Est, où se trouve un isthme peu large qui relie le rocher au reste d'Anafi.

 

Le Rocher Kalamos correspondant à la pointe Est de la carte précédente

 

Le même de plus loin et de plus haut

C'est une île peu fréquentée parce qu'elle ne présente aucune des caractéristiques qui intéressent le tourisme : rien de tapageur, pas de sites facilement accessibles, peu desservie par les ferries. Une île très sauvage et "authentique" qui n'intéresse que les férus de randonnée, grecs ou étrangers. Il n'y a pas vraiment d'hôtels mais de rares résidences de vacances. On trouve aussi des locations chez l'habitant, comme ce fut le cas pour nous : chambre avec coin cuisine et petite salle d’eau/toilettes.

Une belle vue depuis notre balcon

C'est un lieu calme dans un environnement naturel aride. Dans les petits canyons à sec, on trouve beaucoup des figuiers de Barbarie. En randonnant nous sommes passés près d'un petit barrage qui était à sec. Ca fait bizarre.

On y trouve en revanche très peu de cultures de fruits et légumes et très rarement quelques oliviers ; il n'y a pas d'oranges et les légumes (importés de Grèce continentale ?) sont plus chers qu’en Crète. En revanche la vie sociale est développée autour de nombreux cafénios et  restaurants dont un était ouvert début avril.

Nous avons beaucoup marché. Un jour nous sommes montés sur un mont un peu difficile à atteindre par un sentier raide et rocailleux. Là haut se trouve un site archéologique dorien qui date environ de 700 avant J.C. Dans la montée avant d'arriver au site proprement dit on trouve près d'une ancienne chapelle un sarcophage dorien en marbre richement orné d'un bas-relief. 

Les autres vestiges ne sont pas très parlants mais on distingue des fondations de la première ville d'Anafi situé en hauteur et dominant les environs. Lors de la descente nous avons pu remarquer plusieurs grottes qui ont pu servir d'habitations.

Sarcophage dorien

Le Graal des randonneurs est de monter jusqu'à Kalamos. Quand nous aurions pu le faire, le temps n’était pas du tout engageant et surtout le vent soufflait très fort en rafales et c'eut été très imprudent. Donc ça sera pour une autre fois. Le vent du nord souffle en effet par moments très fort.

En revanche, une autre fois après dix kilomètres de marche, nous avons atteint l'isthme. Un monastère de religieuses s'y trouve, Zoodohos Pigi, qui est absolument charmant. Il est bâti dur l'ancien site d'un temple d'Apollon. A notre arrivée, alors que nous n'avions vu personne auparavant, dès que nous nous sommes assis dans l'église sont arrivées successivement trois religieuses pour venir nous saluer et nous offrir des gâteaux au chocolat et aux amandes faits par elle. C’était un vrai délice même si à l'heure où nous nous apprêtions à piqueniquer, c’était bizarre de manger une pâtisserie. C'est une tradition d'hospitalité partout respectée dans les monastères que nous avons visités en Grèce (sauf aux Météores), d'offrir quelque chose à manger. Une fois c’était des loukoums et un petit verre de Raki...

Le monastère de Zoodohos Pigi bâti sur les ruines d'un temple dorien. L'église en place centrale est entourée de cellules des moniales.

Comme toutes les églises orthodoxes, très riches en décorations, celle-là était décorée de fresques et d'icônes mais assez modestement. En revanche rompant avec le style habituel des icônes classiques, plusieurs peintures sur bois, manifestement anciennes étaient vraiment belles comme le montrent les photos de Monique.

L'entrée de l'église

La coupole

L'iconostase

Une ancienne frise et, à suivre, les peintures sur bois

 

 

Le monastère fermait ses portes à 13 heures mais nous avons pu utiliser la charmante aire de repos ci-dessous pour piqueniquer. Bien agréable pour les randonneurs ! L'hospitalité encore !

Anafi est une île cycladique typique avec ses rues en dallages où ne circulent pas de voitures, ses rues en escaliers et ses maisons à toit hémicylindriques.

 

 

 

 

Santorin étant à l'ouest d'Anafi, nous avons pu nous installer sur la place de l'église pour contempler le coucher de soleil sur l'île volcanique.

 

 

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07 Apr 2024

Santorin / 3 : une île extraordinaire

Au centre de la caldeira, se trouve une petite île, Nea Kameini (phot ci-dessus), constituée par le cône volcanique qui s'est reconstituée, pourrait-on dire en miniature au fur et à mesure des éruptions. L'activité du volcan sous-marin reste importante et encore peu connue. Nous avons pu voir le documentaire de la chaîne Arte, Les mystères de Santorin, sur les recherches menées sous les eaux de la caldeira. C'est passionnant : on voit les chercheurs étudier les carottes prélevées dans la partie sous-marine du volcan. Les vulcanologues sont certains qu'un jour ou l'autre une éruption d'ampleur aura lieu de nouveau. Actuellement les phénomènes volcaniques sont permanents et Nea Kameini grossit lentement mais régulièrement.

Nea Kameni n'a que 500 ans. C’est une des plus récentes îles de Méditerranée. Elle est apparue en 1573 : le cratère du volcan s'est recréé en surface. Elle fait aujourd’hui 150m d’altitude. Les dernières éruptions ont eu lieu en 1950 et elles ont donné naissance à plusieurs îles qui ont formé l'actuelle Nea Kameni (ie : nouvelle Kameni). C'est un lieu important d'études géologiques,  laboratoire vivant qui montre une activité qui nous a rappelé l'Islande. Le sol est par endroits chaud et on y trouve des fumeroles. Une autre île volcanique se situe tout près de là, au nom de Palea Kameini (ancienne Kameini). Entre les deux Kameini de nombreux courants chauds sont produits par des sources volcaniques sous-marines.

Bref, Santorin est une île extraordinaire qui fournit de très belles cartes postales au propre et au figuré, une île fragile et attachante mais il faut s'écarter des lieux renommés pour y trouver refuge. C'est ce que nous avons fait durant les deux jours que nous avons passés dans une belle maison traditionnelle très joliment restaurée, à la fois simple et jolie. Cerise sur le gâteau, il y avait un jacuzzi que nous avons abondamment utilisé après des promenades fatigantes sous le soleil. Nous avons fait l'expérience de taxis hors de prix et, inversement, des bus qui sont très bon marché mais dont les horaires sont un peu fantaisistes. Nous avions envisagé cette visite l'an dernier et renoncé en raison du prix des ferries qui relient Heraklion à Santorin, des Jet ferries aussi polluants que rapides et chers.

Mais quelle lieu extraordinaire !

 

Mais nous nous sommes décidés à la visiter après la découverte d'Anafiotika à Athènes, au mois de mars (cf.https://stan-engrand.fr/post/show/269). Cette découverte nous a fait connaître l'existence de la petite île d'Anafi à l’origine du nom Anafiotika, ie : petite Anafi située moins de quarante kilomètres à l'est de Santorin. Nous avons décidé de nous y rendre ce qui ne nous était possible à cette saison qu'à partir de Santorin.

 

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06 Apr 2024

Santorin / 2

les villages

Le plus visité est Oia au nord de l'ile mais orienté au sud, sans aucun doute le plus beau avec Fira sur la côte ouest. Oia étant orienté plein Sud, les couchers de soleil y sont particulièrement recherchés par les touristes qui viennent pour les photos.

Notre maison se trouvait au centre à Messaria. Village peu touristique mais très agréable où se trouvent des locations type Airbnb de bonne qualité et plus abordables que celles des villages principaux.

Au sud on voit Akrotiri qui n'a rien de particulier en soi mais qui est important par son champ de fouille (cf. excavations sur la carte en dessous du village)

source: http://nezumi.dumousseau.free.fr

Les Églises

Il y a de nombreuses églises à Santorin comme partout en Grèce. Elles cohabitent avec des styles très différents entre elles sans compter qu'il y en a des orthodoxes et quelques catholiques, ce qui nous a surpris. C'est en fait un héritage de l'époque Vénitienne qui a d'ailleurs donné son nom à Santorin, contraction de Santa Irene, dont le nom grec originel est Théra (th qui se prononce comme le this anglais). Je cite ici un article de Wikipedia :

"Le nom de Santorin est donné à l'île par les 1840, celui-ci reprend officiellement le nom antique de Théra mais le nom de Santorin est toujours largement utilisé".

Le clocher de l'église à trois étages, ci-dessous est caractéristique des clochers cycladiques.

 

Ci-dessous une église catholique.

 

 

Autre style ci-dessous qui rappelle une mosquée, minaret mis à part. C'est la cathédrale orthodoxe.

 

Ci-dessous le village de Fira vu du village suivant de Pirostefani

 

 

 

Phénomène touristique classique, la rue principale est bondée de touristes mais la rue parallèle tout aussi jolie est déserte :

 

Ci-dessous, une belle "carte postale" typique d'Oia et, à suivre, une vue depuis le village vers le sud de l'île.

 

 

Un ancien moulin transformé en hôtel

On voit sur la photo ci-dessous des cultures sur des toits de maisons. Nous n’avons pu savoir si c’était une simple expérimentation ou une pratique déjà en cours de généralisation.

 

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Santorin / 1 : l'île volcanique des Cyclades

Des îles cycladiques, Santorin est avant Mykonos la plus connue et la plus photographiée. La photo ci-dessus, prise par Monique, l'a été d'un endroit où tout le monde se presse et éventuellement se bouscule, pour prendre à peu près la même. Quelques photos ci-dessous, prises aussi par Monique montrent la beauté de ce lieu hors du commun.

Ci-dessous l'ancien port de Santorin sous le village de Fira. On y accède par un chemin dallé de pierres soit à pied soit à dos d'âne ou encore, ce que nous avons fait par le petit téléphérique qu'on peu distinguer en agrandissant la photo.

Santorin a donné son nom l'archipel dont elle fait partie, qui résulte de l'effondrement d'un très ancien volcan qui s'est affaissé dans sa caldeira à la suite d'éruptions successives, d'où la forme particulière de l'archipel qui laisse deviner les contours du volcan. Sa plus importante éruption, datée de plus ou moins 1650 avant J.C a totalement détruit l'île et produit des tsunamis qui ont impacté des côtes, aussi bien dans les Cyclades qu'à l'est en Turquie, au sud en Crète.

Quand on parle de Santorin, on désigne l'île principale, grosso-modo orientée nord /sud où se trouvent plusieurs villages dont les plus touristiques, Oia (prononciation : Ia) et Fira qui sont magnifiques. Quand on voit l'île de loin, c'est spectaculaire. Les villages blancs accrochés en haut des falaises de plus de 300 mètres couronnent les roches volcaniques empilées en strates. On croit d'abord voir de la neige en haut de montagnes abruptes puis, en s'approchant on découvre les strates volcaniques de couleurs qui vont du noir au rouge foncé et au blanc et évoquent un gâteau géant fait de couches et surmonté de crème.

Au sud, le village d'Akrotiri est bâti sur la ville antique de Thira, qui était la seule ville de l'île, construite sur la plaine qui descend sous le flanc sud du volcan. Un très intéressant champ de fouilles montre l'existence d'une ville de type minoen semblable à celles que l'on trouvait en Crète. C'était une ville riche et cosmopolite de commerçants et marins, bien située entre la Crète et les côtes continentales d'Asie mineure (Turquie) et de l'ensemble des Cyclades. Un comptoir commercial très lié à la Crète minoenne.

Les villages perchés au dessus des falaises volcaniques sont particulièrement photogéniques. On y voit des moulins à vent, des maisons banches aux volets bleus, des coupole d'églises et chapelles bleues, particulièrement visibles ici sur la photo de titre. C'est très beau et figure sur tous les dépliants touristiques des Cyclades et de Grèce mais évidemment très touristique et très cher. En effet, l'île a très peu de ressources propres et très peu de cultures. Il n'y a pas d'eau, il faut dessaler l'eau de mer et récupérer l’eau de pluie qui se fait rare. Il y a de très nombreux hôtels de luxe sur l'île qui proposent néanmoins des piscines et des jacuzzi. Les sols sont constituée de couches volcaniques accumulés depuis des dizaine de milliers d'années, secs et arides. Ils sont riches en minéraux schisteux et calcaires mais pauvres en matière organique. Il existe néanmoins des vignes dont les ceps sont très petits et clairsemés afin de ne pas se nuire entre eux. Ils sont disposés sans tuteurs en kouloura (couronnes) et taillés de manière que les grappes soient à l'intérieur de la couronne et y restent légèrement en hauteur. Le cépage local, qui est très renommé en Grèce, l'assyrtiko propre à cet archipel est rare et cher. Comparativement à des vignes françaises, le rapport de rendement est de l'ordre de 20%.

 

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01 Apr 2024

Changement climatique

Le temps est magnifique. Depuis une semaine on n'a plus besoin de l'appoint nocturne de chauffage et l'on commence à voir un certain nombre de personnes se baigner. Je crois que nous n'allons pas tarder à nous y essayer.

Pour le deuxième jour un phénomène de différence de températures dans l'air et sur l'eau (photo de titre) évoquant plutôt une vallée de montagne que la mer se produit : une assez épaisse couche nuageuse au ras de la mer dans la baie de Sitia par dessus laquelle on voit la montagne en face de chez nous. Nous n'avions jusqu'à présent jamais vu ce phénomène mais peut-être parce que cette année nous sommes arrivés beaucoup plus tôt que les deux années précédentes.

 

Ca n'a probablement rien à voir mais les Crétois le disent, le climat change et les conséquences se font sentir. L'ensoleillement et la température sont plus élevés qu'avant pour cette période. Tout est précoce cette année. Des fruits qu'on trouvait sur les étalages fin avril / début mai comme les mousmoulos (savoureuses nèfles du Japon) sont déjà mûrs dans les endroits ensoleillés. C'est assez inquiétant car les conséquences se font sentir sur les réserves en eau. Habituellement abondantes à cette période de l'année, elles sont limites car peu de neiges est tombé cet hiver sur les massifs montagneux. Comme l'Est de la Crète est quasiment en monoculture d'olivier, les conséquences sur la production d’olives sont importantes et le prix de l'huile d'olive a considérablement augmenté. Environ 50% en un an. 

Nous avons découvert un endroit de Sitia que nous ne connaissions pas près de la forteresse vénitienne, Kazarma, avec de petites rues très pentues dont certaines en escalier et toujours de nombreux chats

 

 

 

 

 

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Commentaires


07/04/2024 21:12
Ferradou

Très beau nuage. Nous en voyons des similaires dans le Vercors et François en a fait de magnifiques photos qu’il a reproduites en grand format que tu pourras admirer chez Caroline à l'occasion. Mais sur la mer c'est vraiment sympa. Merci pour ces paysages.

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