20 Dec 2019

20 décembre

J'ai pu visiter deux monastères aujourd'hui malgré le brouillard. Ca avait un côté "Le nom de la rose". Pour aller vite à ce que j'ai vu de plus beau, c'est l'église du monastère de la Transfiguration, dit Grand Météore, historiquement le premier des monastères, construit par Saint Athanase au sommet d'un "pain de sucre" assez large et trappu, de 600m de haut. Contrairement aux autres églises, qui sont souvent très petites, celle-là est assez vaste et c'est un enchantement visuel. Des fresques partout, des icônes, un lustre de très grande circonférence encore en usage avec des bougies. Des encensoirs et autres objets de culte, manifestement en or et en argent pour certains. Les fresques d'un grand Narthex représentent des scènes de décapitation, de supplices divers des saints. Les scènes sont répétitives mais parfois drôles par leur naïveté (celle-ci par exemple : un martyr qui courbe la tête, un bourreau qui tend son épée et un personnage - femme ou homme ? - qui tient une bassine pour récupérer la tête, tous trois ayant l'air de jouer gaiement leur rôle) mais les couleurs sont magnifiques et de l'ensemble, si l'on fait abstraction de la violence et de la cruauté des représentations, émane une sensation de calme et de paix. Malheureusement prendre des photos dans l'église est interdit. Le monastère possède par ailleurs un musée riche de fabuleux ouvrages anciens originaux ; un cellier qui sert de mini-musée des travaux de menuiserie et charpenterie. On y voit une barrique enserrée dans des presses de mise en forme (cf. photo ici autorisée). On découvre aussi une antique cuisine (photo). Et un truc marrant : une sorte de gong en bois (photo) qui évoque une sorte de très long joug, sur lequel on tapait avec un maillet pour appeler aux offices, aux prières et aux repas. Dans un long couloir sont exposées des représentations des deux guerres mondiales, pourquoi ici ? Je n'ai pu résister à joindre ici la photo d'un tableau représentant un nazi qui tombe dans un ravin en essayant de hisser son drapeau en haut d'un météore. A l'entrée du monastère est exposé l'ancien cabestan qui permettait de treuiller les filets à pèlerins et à approvisionnement.

Le deuxième monastère que j'ai visité s'appelle Rossanou et, contrairement à celui du grand Météore, celui-ci est petit. Son principal intérêt est dans sa situation vertigineuse au sommet d'un pic relativement étroit. Vertige garanti à ceux qui y sont comme moi, sujets. L'église, petite et sombre possède de très belles fresques. C'est une particularité des églises orthodoxes, aujourd’hui encore, que j'aime beaucoup : tous les murs et plafonds sont peints.

A 18 heures j'ai rendez-vous pour l’apéro avec Tomasz qui est polonais et qui a fait des études à Rennes. Je l'ai rencontré au Grand Météore. Il circule pour un temps en train et en vélo. Dans les météores, ça développe les mollets. J'ai découvert son blog, de grande qualité (il est peintre et pratique la vidéo) dont voici l'adresse : https://be-amazed.com

Demain sera mon dernier jour de l'année en Grèce. Nous nous embarquons ma voiture et moi à Igoumenitsa à 23h30 pour Ancône. Après-demain soir je serai à Prulla chez Marc.

J'ai mis, dans la rubrique "réflexion", un court article sur le mot "oxymore". Le prochain sera "hypocoristique".

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