
Le Livre de Lumière
ATARAXIE est le premier poème de mon quatrième recueil Le Livre de Lumière (20 textes écrits lors de mon séjour en Crète en 2019 et 2020) à présent disponible sur commande (stanislas@stan-engrand.fr / prix 6 € + 2 € d'envoi).
ATARAXIE
Ataraxie, mot retrouvé
Dans un lexique d’espoir et de sagesse.
Je t’invoque en apaisement,
Du flot d’angoisses dont ruisselle le monde.
Puisses-tu, Ataraxie, faire la paix
De l’humanité écrivant sa propre mort.
Tu portes l’armure antique, moi rien
Qu’une boussole détériorée
Et je vomis les pulsions morbides,
Terrain de jeu de fantômes en maraude,
Errants malheureux de l’Histoire en dérive.
Puisses-tu éviter les guerres probables ?
Nul ne peut savoir la destruction
Que la démence provoquerait.
Celui qui le premier tirerait,
Pétrifierait le monde déjà résigné
A donner du pouvoir à des trompeurs
Qui jouent la planète au poker-menteur.
Je voudrais apprendre ta langue
D’où j’entends le verbe primordial
Contre la folie assassine, je t’invoque
Mais tu restes impassible !
Ne me donneras-tu comme la pythie
Qu’une espérance en forme d’énigme ?
Ne me demande pas de rester stoïque
Au mépris de mes propres peurs,
Je veux revenir au jardin d’Épicure
Trouver le plaisir de vivre et réduire les douleurs
Je voudrais être en mesure
D’aider un monde qui se meurt.
Puisses-tu m’enseigner de nouveaux sens
Qui auraient manqué à l’intelligence
Des philosophies et des sciences ?
J’écris ces mots comme un spéléologue
Qui cherche dans les cavernes du réel,
A découvrir qui tire les ficelles.
Ataraxie !
Je voudrais retrouver l’enthousiasme de l’aube,
Le renouveau que j’espérais chaque jour.
Donne-moi la joie de marcher en silence,
De bannir l’aveugle violence,
Dans les rues devenues champs de bataille
Où les hommes se mitraillent.
J’écris ces mots faute de crier
Car dans mon larynx menace la censure
De l’odieux sphinx et des morsures.
Puisses-tu créer l’alphabet
Capable de sauver l’humanité
Car j’ai peur, Ataraxie, d’avoir perdu
Le fil des mots qui pourraient le faire.
Doux pourtant m’est ton nom retrouvé,
Il insuffle de la vigueur dans mes poumons,
Vent du large qui gonfle mes voiles
Sous la beauté menacée des étoiles.
Il me fait rêver d’avenir pacifié
Contre les menaces qui feraient de l’avenir
Le malheureux perdant du passé.