
Belles découvertes
Nous venons de passer une semaine à visiter des lieux que nous ne connaissions pas à l'ouest de la Crète et revoir des gens ou des lieux que nous aimons particulièrement, comme ce tout petit village nommé Topolia où un jeune homme d'une trentaine d'années, restaurateur naturellement bio (car c'est pour lui une évidence) récolte un miel exceptionnel. Nous lui avons acheté aussi des olives noires qui sont conservées directement dans le sel, sans saumure contrairement à ce que nous connaissons à Sitia. Une pure merveille. Il est fils de paysan, heureux de faire partager sa passion et de vendre ses productions et celles de ses parents (miel, confitures, huile d'olive, charcuteries...). Sa taverne surplombe la gorge de Topolia que nous n'avions parcourue qu'en partie il y a deux ans car de gros orages et des pluies diluviennes avaient provoqué des éboulements importants. Le paysage est magnifique et manger de bonnes choses dans ces conditions est un double plaisir.
Parmi nos découvertes, un village de potiers entre Rethymnon et le massif du Psiloritis (mont Ida de la mythologie, plus haute montagne crétoise qui culmine à 2500 mètres). Le village s'appelle Margarites. C'est très joli, par moments un peu envahi par les touristes quand un ou plusieurs cars d'organisateurs de voyages y font une halte mais on y trouve malgré tout de belles choses. On voit les potiers travailler, certains sont de bons artisans mais peu créatifs, d'autres vraiment intéressants. C'est de bonne qualité et malgré le tourisme, beaucoup moins cher qu'en d'autres lieux, notamment en ville.
Autre découverte formidable, le village de Fodélé, dans une petite vallée des contreforts du Psiloritis où El Greco serait né. On visite sa maison supposée, magnifique, traditionnelle, en pierre, cachée dans la verdure entre platanes caroubiers et oliviers, pour certains multicentenaires. Comme la Grèce ne possède que deux des tableaux du peintre (de son vrai nom Domenichos Théotokopoulos), une solution originale a été trouvée. Seules sont exposées des reproductions de très belle qualité en diapositives rétroéclairées de la taille des originaux.
C'est une peinture très marquée par la mystique religieuse dont je ne suis pas vraiment friand mais il faut reconnaître qu'il avait un talent extraordinaire. Parmi les tableaux, j'ai photographié celui de la passion du Christ que je trouve époustouflant dans son genre et que je qualifierai par cet oxymore de sombrement lumineux.
Sa maison était proche d'un monastère et d'une magnifique petite église byzantine dont une partie date du VIII° siècle (des piliers subsistent, qu'on voit sur la photo de titre) mais qui a été reconstruite au XI°.
Enfin, pour terminer puisque je viens de parler d'un grand artiste, voici en avant première, un hommage à un autre grand parmi les grands : Michel-Ange. C'est l'un des vingt textes que je vais publier dans mon prochain recueil, que j'avais commencé en Italie l'année dernière en visitant la Galleria dell'Academia à Florence où sont conservés les esclaves de Michel-Ange et que j'ai terminé récemment. Je publierai le recueil cet été. N'hésitez pas à m'en commander (6€ + frais éventuels d'envoi).
Bonne lecture et à bientôt.
MICHEL ANGE
Dans le brouillard minéral
Des montagnes de Carrare
Tes yeux perçaient le mystère
Des corps sertis dans la pierre.
Dans les épaisseurs
Tu sentais les vies prisonnières
Que ton ciseau révélait
Et dégageait des veines du marbre.
Tu arrachais à leurs gangues
Les vies emmurées
Au milieu des carrières
Où ton art les sentait vibrer.
Frère de la pierre aux gestes sûrs,
Accoucheur de corps et de visages,
En les sortant des rochers,
Tu inventas l’éternité.