25 May 2023

Voyage dans l'ouest crétois

Le temps n’étant pas vraiment beau et pour tout dire très décevant pour un mois de mai, nous en avons profité pour voyager une semaine dans l'ouest de la Crète afin de découvrir un lieu que nous ne connaissions pas et revoir d'autres que nous aimons bien, particulièrement Topolia, petit village au dessus de la gorge à laquelle il a donné son nom. Topolia c'est une gorge magnifique et une taverne en surplomb de la gorge que nous adorons (photo principale) pour deux raisons : on y mange une cuisine traditionnelle familiale et savoureuse et le jeune patron est aussi un apiculteur passionné et écologiste de cœur, amoureux de sa montagne et de ses abeilles. On vient ici pour lui acheter notre miel préféré pour en ramener en France. C'est un miel à dominante "thym" mais pas seulement et très doux par rapport aux miels de thym très fréquents en Crète, trop forts à notre goût. Inutile de lui demander s'il est bio, c'est pour lui une évidence, les ruches se situant dans la montagne, à l'abri de tout produit phytosanitaire.

Il nous a fait goûter une de ses productions dont il est très fier : le miel d'hiver. Nous l'avons goûté et adopté : il est vraiment exceptionnel. Très dense, il dégage des arômes de noix et d'amande très agréables. On croirait une pâte à tartiner. Le déjeuner a été aussi savoureux que le miel. Nous avons mangé des plats traditionnels, notamment des "yémista", littéralement "fourrés". Il s'agit de  légumes farcis, tomates et poivrons toujours servis ensemble. La farce est cousine de celle qu'on utilise pour les "dolmadès", feuilles de vignes farcies (cf. https://stan-engrand.fr/post/show/247).

 

Le lieu que nous voulions découvrir sur la côte ouest s'appelle Falassarna. Ce n'est pas vraiment un village mais une grande plage (photo de gauche) dont le sable fin est légèrement rose, comme celui d'Elafonissi (cf. https://stan-engrand.fr/post/show/158). Falassarna est juste en dessous de la presqu'île de Gramvoussa (cf. https://stan-engrand.fr/post/show/158), "corne" nord ouest de la Crète. A noter que la Crète a une forme assez curieuse quand on la regarde dans sa globalité. Deux espèces de cornes à l'ouest, une presqu'ile ronde au-dessus de Hania (La Canée), une longue presqu’ile au nord-est, de nombreux décrochements formant des baies. Sans compter, une "taille de guêpe", vers l'est où la distance entre côtes Nord et Sud n'est que d'une quinzaine de kilomètres, où de la montagne on voit les mers Égée au Nord et Libyenne au Sud.

La grande plage dont on ne voit qu'une partie sur la photo est très touristique comme toutes les plus belles plages de Crète sauf de rares exceptions à l'est.

Au sud de la grande plage de Falassarna existent de charmantes criques rocheuses dont une près de laquelle nous avons logé et qui avait l'avantage d'avoir un restaurant de poisson très bien placé comme on le voit sur la photo de droite. Le seul point négatif est dans la présence des nombreuses serres qui bordent l'espace entre le littoral et la falaise qui domine Falassarna.

Sur la voie du retour nous sommes restés à Rethymnon, entre Hania et Héraklion, pour revoir cette jolie petite ville de nuit et la visiter plus en profondeur. C'est une ville assez moderne autour d'un centre ancien devenu très touristique et marqué par une imposante citadelle vénitienne, probablement la plus grande de Crète qui en compte de nombreuses sur les côtes (celle de Sitia, Kazerma, est petite mais garde une fière allure). Sur les contre-forts Est des remparts, de nombreuses petites rues en pente gardent un côté très populaire et sur la place en photo, il y a beaucoup moins de touristes que de crétois, ce qui lui permet de garder une authenticité que les tavernes préservent aussi dans ce cadre très agréable pour dîner (cf. photo ci-dessus prise par Monique).

La ville possède par ailleurs un charmant petit jardin des plantes, où l'on peut venir chercher la fraîcheur sous les grands arbres quand il fait chaud. Non loin de là, sur une place, à côté de l'église nous avons contemplé les fleurs bleues de cet arbre dont je ne connais pas le nom. Peut-être une lecteur/trice pourra-t-il/elle nous le dire.

Un peu en vrac, quelques autres plaisir de voyage : le village de Margaritès à 30 km à l'ouest d'Héraklion, qui n'abrite que des potiers. C'est charmant. Les ateliers/magasins sont répartis de part et d'autre d'une rue montante qui fait des lacets. Il doit y avoir au moins 50 potiers dans ce village de 350 habitants. A part quelques tavernes et mini-markets, les commerces sont exclusivement dédiés aux potiers que l'on voit travailler dans leurs ateliers attenants à leurs magasins. A Margaritès on trouve du très beau et du très moche, le premier étant selon nos critères en très forte minorité. Nous avons rendu visite à un de ces potiers qui fait de belles choses à notre goût pour lui acheter des assiettes en grès (photo ci-dessus) afin de compléter celles que nous avions précédemment ramenées à Nantes.

Et pour finir, j'allais oublier que nous avons visité le musée consacré au grand écrivain grec Nikos Kazantzakis, auteur de Zorba le Grec, dans son village natal de Myrtia à une quinzaine de kilomètres au sud d'Héraklion. Très joli petit musée où nous avons découvert l'étendue considérable de l’œuvre de cet écrivain qui compte parmi les plus grands et dont Zorba est à mon avis un chef-d’œuvre. Nous avons aussi lu de lui "Dans le palais de Knossos", très agréable roman basé sur le mythe du Minotaure, de Minos, de Thésée et d'Ariane qui permet de se faire une idée de ce que pouvait être la vie quotidienne des Minoens ancêtres de Crétois, 2000 ans avant Jésus-Christ. Les Minoens ont créé une riche et puissante civilisation maritime et commerciale au centre de la Méditerranée. Les Crétois en ont gardé une grande fierté, comme Kazantzakis qui mettait en avant sa "crétoisité". Sur sa tombe à Héraklion Kazantzakis a fait graver l'épitaphe suivante :

« Δεν ελπίζω τίποτα. Δε φοβούμαι τίποτα. Είμαι λέφτερος. » 

Je n'espère rien, je ne crains rien, je suis libre.

Ce pourrait être la devise des fiers Crétois.

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