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Stanislas Engrand

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30 Oct 2025

Hydra, 30 octobre 2025

La photo de titre est celle d'un tableau du peintre grec Panagiotis Tetsis, décédé il y a presque dix ans, originaire de Hydra. J'ai pu revoir une magnifique exposition qui lui est consacrée à la Galerie nationale d'Athènes après être allé à Hydra. Une très belle expo que nous avions découverte en mai, Monique et moi.Testsis est un peintre de renommée internationale. J'ai rassemblé quelques photos de l'expo dans un article suivant [https://stan-engrand.fr/post/show/320].

Hydra est une île magnifique qui se situe très au sud ouest d’Athènes à 10 km de la pointe sud du premier doigt du Péloponnèse (qui n'en compte que 4...), l'Argolide, dont on voit les montagnes sur la photo ci-dessous. Bien qu'elle soit assez loin du Pirée, on y accède en moins de 2 heures grâce aux catamarans aussi monstrueux  que puissants extrêmement rapides, qui déjaugent.

          

Outre que l'île est très jolie, la particularité majeure est qu'elle est totalement interdite aux véhicules à moteurs thermiques (cyclomoteurs inclus). Les seuls moyens de transport sont les mulets et les chariots à bras aujourd’hui électrifiées ou alors les bateaux-taxi.

C'est assez étonnant de voir décharger les marchandises des bateaux sur des mulets. La ville et port d'Hydra s'est enrichie de son activité commerciale qui a permis des fortunes de commerçants et d'armateurs qui ont joué un rôle déterminant dans la guerre d'indépendance contre les Turcs (1821/1829). Nombre de maisons sont plus grandes que sur les autres îles, colorées ou simplement chaulées. Les rues silencieuses sont propres, bien entretenues (ce qui est à souligner en Grèce) et joliment fleuries par de nombreux bougainvilliers roses et rouges. Se promener dans les rues est agréable et reposant malgré la présence de nombreux touristes.

 

Véritable institution de l'île, la pharmacie Rafalia est une très belle curiosité : jolie façade, "Pharmakeio" écrit en vert et surtout le décor intérieur qui n'a pratiquement pas changé depuis 1890 année de sa création par le grand-père de l'actuel pharmacien Evangelos Rafalias qui porte le même prénom que son grand-père. Les rayonnages anciens en bois et les pots qui contenaient les potions ont été conservés. 

                     

Ne pouvant déranger en prenant des photos à l'intérieur, j'ai récupéré celle-ci sur un site web :

  www.greekgastronomyguide.gr/fr/item/farmakeio-rafalia-ydra/

Un autre particularité d'Hydra est la quantité invraisemblable de chats. Ils sont très sociables et très appréciés. Il paraît qu'ils se massent sur le port au retour des pêcheurs et font le spectacle et j'imagine de la bagarre.

Hydra, c'est aussi l'île où vécut Léonard Cohen de 1961 à 1968. Il y écrivit notamment So long Marianne et Bird on a Wire, chansons que j'avais apprises à la guitare et que j'aime toujours jouer. En écrivant ces mots me revient que le chanteur était au festival de l'île de Wight en 1970 (dernier des grands festivals de l'époque qui avait réuni plus de 600.000 spectateurs) où j'ai pu l'entendre chanter ses chansons cultes.

Ci-dessous, une photo de sa maison, modernisée aujourd'hui. Elle appartient toujour, je crois, à son fils.

J'ai cru la reconnaitre en second plan du tableau de Tetsis qui la suit.

 

Arrivé dans l'île à 11h du matin, j'ai repris le bateau à 18h, après une journée de randonnée sur le littoral nord et évidemment un bain de mer. D'après Map, j'ai fait une vingtaine de kilomètres. Ouf ...

Ci-dessous une photo du bateau ultra rapide, autant que monstrueux, qui m'a permis cette magnifique journée dans cette île belle et attachante, comme Symi mais très différente, cf https://stan-engrand.fr/post/show/317

 

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25 Oct 2025

L'île de Symi dans le Dodécanèse

Des amis nous avaient parlé de l'île de Symi, qui se situe à une heure de ferry de Rhodes et nous avons décidé d'aller y passer 2 ou 3 jours. C'est une petite île de la partie de la mer Égée qu'on appelle le Dodécanèse (ce qui signifie "douze îles" mais qui peut en comporter d'autres selon celles qu'on y inclue) au sud-est des Cyclades et proches des côtes turques. Symi est devenue italienne en 1912 et en a gardé son caractère coloré et ses maisons de style néo-classique qui la rend unique. Elle recèle de nombreuses criques très agréables. La ville/port principale est Gialos qu'on voit sur la photo de titre. Elle se situe au fond d'une sorte de petit fjord comme on le voit sur la photo ci-dessous (empruntée ainsi que la suivante au site du "Routard"). En arrière-plan la côte turque.

 

Nous sommes partis de Sitia le 22 octobre par le ferry hebdomadaire de 7 heures du matin qui arrive d'Athènes et se rend à Rhodes. Nous avons passé une soirée dans la vieille ville où nous étions déjà rendus au printemps(https://stan-engrand.fr/post/show/311). La traversée dure près de 8 heures en desservant aussi les îles de Kassos et Karpathos (https://stan-engrand.fr/post/show/161), assez proches l'une de l'autre, approximativement à mi-route de Rhodes. Arrivés à 15h où nous avons eu le temps de visier le musée d'art moderne que nous avions trouvé fermé la fois précédente. 

Le lendemain, jeudi 23 nous avons pris le ferry pour Symi en début d'après-midi. Arrivée vers 16h. Notre hôtel se situe à Horio (village en Grec) qui se situe au dessus de la ville à 10 minutes en taxi. Repos avant une visite du village vers 17h30.

   

Le village est en fait un quartier de la ville. La continuité n'est jamais rompue, comme le montrent les rues en escaliers qui relient Horio au port.

Notre balade s'est terminée à l'heure du dîner dans une taverne traditionnelle très sympathique.

 

 

Le lendemain nous avons loué une voiture pour nous rendre au sud de l'île dans un petit village autour d'un monastère, Panormitis. Le monastère n'est pas intéressant mais le lieu est magnifique. L'anse qui constitue le port est étonnante. On croirait les digues construites par l'homme mais elle sont naturelles, cf. la photo ci-après.

Nous avons visité un autre monastère au nord-ouest, celui-là particulièrement intéressant. Celui du Taxiarque Michel de Roukounioto.Très intéressant parce qu'il est construit au dessus d'une église du XV°, aujourd'hui crypte de l'actuelle église, les deux étant en service. Taxiarque est un terme de Grec ancien qui désigne un officier supérieur dans l'armée. Je n'ai pas trouvé d’explication à son utilisation ecclésiastique et je suppose que le mot a changé de sens à l'ère chrétienne ou a simplement été utilisé par analogie dans la hiérarchie orthodoxe. Le pilier ci-dessous du portail du monastère montre l'inscription en Grec ancien religieux qui utilise un alphabet particulier.⁰ Ça se lit : "Saint monastère du Taxiarque Michel de Roukouniotos".

L'église moderne, bâtie au-dessus de l'ancienne est ceinte des quatre côtés par les bâtiments dans lesquels se situent les installations monastiques, cellules, réfectoire, bibliothèque...

Ci-dessous l'église "souterraine" du XV° avec son beau pavage et son iconostase

et au fond la chaire particulièrement belle.

 

À côté de l'entrée du monastère le hêtre pluri centenaire qui aurait été planté au XIV° par les chevaliers de Saint Jean qui, s'installant à Rhodes colonisèrent aussi les îles proches, cf. https://stan-engrand.fr/post/show/313

Nous avons terminé notre séjour à Symi par une jolie randonnée vers la plage de Saint Nicolas, anse bien protégée du vent, au bas d'une petite vallée, bondée en été, dont parasols et sunbeds avaient été démontés et dont nous avons disposé pour nous seuls. Donc excellent bain de mer dans le plus simple appareil.

 

 

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05 Oct 2025

Sitia Octobre 2025

Cet automne, nous sommes arrivés à Sitia le 01 octobre. Fabrice et Marie-Lys étaient là depuis une semaine. Marie-Lys a dû rentrer en France 2 jours plus tard et Fabrice est resté encore 5 jours. Nous avons donc eu du temps ensemble. Parmi nos pérégrinations, nous sommes allés à Palekastro à une vingtaine de kilomètres de Sitia sur la côte Nord-est et non loin de là sur une plage très agréable, à Chiona. 

Sur la photo de titre, on voit une zone humide au bord de la plage de Chiona, tout près d'une  montagne aplatie qu'on voit sur les photos suivantes. Elle est alimentée par une nappe phréatique qui se remplit en hiver et un canal naturel communiquant avec la mer lorsqu'il y a du vent. En été elle est généralement presque sèche et le sol est fouillé par des huitriers pie. C'est une zone importante pour les oiseaux migrateurs, bien connue des ornithologues.

Nous avons l'habitude d'y voir des huitriers pie, des hérons, des aigrettes et d'autres oiseaux dont je ne connais pas le nom.

flamants pas roses sur fr.wikipedia.org

Et récemment nous avons vu pour la première fois des flamants. Comme ils n'étaient pas roses, nous avons consulté Wikipédia qui nous a appris que : "Chez les flamants roses, on ne naît pas rose, on le devient : la couleur de l'espèce vient des pigments caroténoïdes présents dans les algues et les crustacés ..." La petite photo ci-contre provient de l'article cité

Comme on ne peut approcher, j'ai dû zoomer pour faire les photos ci-après, si bien qu'elles sont assez pixelisées, surtout la dernière.

 

 

 

Sur la photo suivante, on voit au premier plan la baie de Chiona et celle de Kouremenos au deuxième. J'ai pris la photo du haut d'un petit sommet de 250 mètres de haut qui s'appelle le mont Petsofas. S'y rendre n'est pas une très long mais ça monte fort et vite dans un chemin parfois difficile à trouver et surtout qui est fait de pierrailles sur lesquelles il est facile de glisser ou de se tordre une cheville.

 

Cette année, contrairement aux précédentes, le temps est assez variable, plutôt beau dans l'ensemble avec un peu de pluie de temps en temps mais surtout plus de vent que les autres années. Dans l'ensemble l'automne reste la saison doublement agréable : il faut beau mais moins chaud qu'en été et la mer a gardé la température de l'été qu'elle ne perd que très doucement. C'est en novembre qu'on commence à vraiment ressentir la différence.

 

 
 
 
 

 

 
 

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27 Sep 2025

APESANTEURS

Le tableau en photo de titre, Sublimation, est de Sandra Fourny  (https://www.sandrafourny.com)

 

Apesanteurs (20 textes, 6€ + frais d'envoi) est sorti le mardi 23 septembre dernier. Pour toute commande, me contacter par courriel : stan.engrand@gmail.com

En voici des extraits :

 

CE SONT DES COULEURS À Sandra Fourny

Ce sont des couleurs que tu me donnes,

bleus turquoise, bleus ultramarins,

bleus d'apesanteurs, de glace, de lagons,

de soleils radieux, de noirs orages

de chutes d'eau en fils argentés,

ce sont les bleus de mes îles.

 

Bleus d'Islande, bleus arctiques

bleus de Crète et de mer Égée

sur le mur blanc du salon.

 

 

GUENON À Cholé Moglia, Lagrasse août 2025

Elle monte le long de la corde,

aspirée vers le haut de la potence courbée,

s'installe, écoute, s'équilibre,

regarde la foule

retenue par le silence.

 

Comme un singe,

Elle se suspend d'une main, d'une jambe,

pivote avec lenteur,

s'allonge sur le ventre.

 

Elle nous déséquilibre, on a peur.

Du silence bruisse une pensée :

si elle tombait ?

 

Ça n'arrivera pas,

elle seule le sait.

Elle se rêve guenon,

un singe ne tombe pas.

 

Chloé, silence, écho des étoiles,

dans la nuit qui tombe à Lagrasse

je rêve avec toi d'apesanteur.

 

 

LE JAPON ME PARLE TOUT BAS

Le Japon me parle tout bas.⁹

Dans le silence de Teshima se taire est la règle.

Je me recueille dans le temple blanc,

légère bulle géante lovée dans le vallon.

Des gouttes perlent du sol,

ruissellent sur une infime pente,

se réunissent en lacs minuscules.

 

Sakurajima fume à bas bruit.

Musique des eaux brûlantes.

Face au volcan les corps nus se délassent

silencieux dans les bains chauds.

On ne parle pas dans les onsen.

 

Tokyo Fukuoka, Kyoto,

dans les villes, le soir, déambulent

les foules libérées du travail.

Dans les rues, les métros le bruit se défoule.

 

Le Japon me parle tout bas.

 

COMME LE BRUIT DE LA MER

Comme le bruit de la mer et comme le feu,

comme les vagues,

comme la musique et comme la lumière,

comme l'océan délivré de la pesanteur,

j'aime la légèreté des vibrations,

des résonances entre éveil et sommeil

quand tout se fait correspondance.

 

Et quand la nuit ajoute ses phares au bruit de la mer,

je sens sur moi le souffle de l'univers.

 

 

ETRE UNE PIERRE

J'étais installée là sans l'avoir choisi.

Un jour, fragmentée par un bulldozer j'ai été déplacée.

Je me souviens de chaque fragment de moi, minéral amputé.

Mon aventure a commencé au centre de la terre.

Douleurs insupportables, compressions, mouvements telluriques,

des millions d'années durant.

 

Être pierre n'a rien de facile, se trouver là ou ailleurs, est-ce le hasard ?

On passait sur moi sans prendre en compte ma présence ancestrale.

Durée incommensurable pour toi.

 

Toi qui m'a recueillie, n'oublie pas d’où je viens.

 

 

TELESCOPE

Au tempo du télescope,

traquer les lumières fossiles

et parcourir l'univers

où le nord n'existe pas.

 

Regarder sur la voûte céleste,

comme une paroi de caverne,

images et symboles projetés.

 

Inventer une boussole

pour comprendre les signaux

qu'envoie l'univers.

 

 

MARAIS SALANTS

C'est marée basse, le traict du Croisic s'est vidé,

spatules, aigrettes, fouillent la vase,

pêcheurs à pied ramassent coques et palourdes.

 

Dans le silence étendu du marais

les paludiers cueillent le sel.

Gestes sûrs d'un ballet réglé, effluves iodés.

 

Un héron marche lentement dans les couleurs irisées d'un œillet,

des mouettes piaillent dans une vasière rouge de salicornes,

une colonie de sternes criaille d'amours et de bagarres.

 

Quand vient le soir, les couleurs rougissent

et les ombres agrandies par les rayons déclinant

se faufilent entre les taches de lumière.

 

 

 

 




Commentaires


17/09/2025 22:25
Simatos

un vocabulaire recherché au service d'une poésie élégante, parlante, qui, telle un tapis volant, me fait prendre de la légèreté et de la distance avec les représentations habituelles d'un monde dit inamical. Merci Stan

profil 26/09/2025 12:33

Merci de ta fidélité de lecteur. Ton commentaire me touche.


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02 Jul 2025

Sitia juillet 2025

Les nouvelles qu'on reçoit de France, de la famille et de nos amis portent sur la canicule et les difficultés de vie quotidienne qu'elle provoque. Tous les français qui sont en ce moment à Sitia se disent qu'ils ont bien de la chance de ne pas avoir le même problème. Nous pensons donc à nos familles, à nos amis, et à tous ceux qui en Europe doivent supporter les chaleurs extrêmes.

Ici, la température de ces derniers jours a varié entre 33° et 38° mais le vent du nord (Meltem) qui souffle en mer Égée de mars à octobre rend la chaleur supportable et nous avons la mer dont nous profitions pleinement pour nous rafraichir.

Autre nouvelle attristante : l'incendie qui a ravagé l'île de Chios . Nous ne parvenons pas à avoir de bilan des ravages mais il est très probable que de nombreux lentisques pistachiers, les arbres à mastic, aient été brulés. Quand on sait le soin que nécessite la culture du mastic (https://stan-engrand.fr/post/show/311) et son importance pour l'économie de l'île, on ne peut qu'être triste. 

La photo de titre a été prise aujourd'hui sur la plage sauvage d'Analipsi au sud de l'île, à 25 km de Sitia. C'est une plage peu fréquentée où se pratique le naturisme. Quand le meltem souffle un peu trop fort nous nous y réfugions. Il souffle atténué au sud car les montagnes lui font barrage. Le gros avantage outre le grand plaisir de nous trouver en ce lieu magnifique est dans le fait qu'au nord le vent provoque des rouleaux et au contraire repousse la mer au sud. La photo montre ce petit espace protégé par des galets, sous l'ombrage de quelques tamaris. Comme il y a peu d'ombrage sur la plage, il faut arriver tôt pour en bénéficier, ce que nous n'avons pas manqué de faire. Nous sommes ensuite allés manger dans une taverne charmante d'un village qui ne l'est pas moins et qui ressemble à ceux qu'on trouve dans les îles des Cyclades, Lithines. C'est un village qui se trouve sur la route de retour à 5 km de la côte sud en remontant au nord vers Sitia. En voici quelques photos :

 

 

 

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